Un regard catholique sur l'actualité

Artisans de l'unité et de la paix. Léon XIV en Turquie et au Liban

Léon XIV a lancé en Turquie et au Liban un appel à l'unité et à la paix, invitant les chrétiens à surmonter les polarisations, à redécouvrir la centralité du Christ et à devenir d'authentiques artisans de paix.

Ramiro Pellitero

1 de janvier de 2026

Le premier voyage de Léon XIV hors d'Italie avait deux devises : Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême (Turquie, 27-30/XI) et Heureux les artisans de paix (Liban, 30-XI/2-XII).

Dans les deux cas, il est pertinent de se poser la question suivante : le quoi et le comment Son message était réfléchi et rassembleur, mais aussi incisif, s'adressant non seulement aux chrétiens, mais à l'ensemble de la population et au cœur de chaque individu, sans pour autant ignorer les problèmes.

Le pape a déclaré à Ankara : “ L’occasion même de ce voyage, le 1700e anniversaire du concile de Nicée, nous parle de rencontre et de dialogue, tout comme le fait que les huit premiers conciles œcuméniques se soient tenus sur les terres de l’actuel Moyen Âge. » Dinde.".

À Beyrouth, il a proposé “pour témoigner de la vérité immuable selon laquelle chrétiens, musulmans, druzes et bien d'autres peuvent vivre ensemble et bâtir un pays uni par le respect et le dialogue.".

“ Ce n’est qu’ensemble que nous sommes nous-mêmes ”

À son arrivée en Turquie (où les chrétiens ne représentent que 0,3 % de la population), Léon XIV rencontra les autorités au palais présidentiel d'Ankara (cf. Discours, 27-XI-2025). Il a souligné qu'une société est vivante si elle est plurielle, si elle surmonte les polarisations qui menacent et fragmentent aujourd'hui les communautés humaines. 

C’est pourquoi il est nécessaire de dépasser la “ fausse logique ” qui oppose les religions et les communautés de foi et de privilégier une “ culture de la rencontre ” entre les diverses sensibilités de l’identité turque. Faute de quoi, nous nous joindrions à la “ mondialisation de l’indifférence ”, à laquelle le pape François s’est opposé depuis le cœur de la Méditerranée.

Par conséquent, et parce que nous sommes tous enfants de Dieu, la compassion et la solidarité doivent être considérées comme des critères de développement. Nous formons tous la “ famille humaine ”, à l’image d’un pont (image récurrente ces temps-ci, en raison des ponts reliant l’Europe et l’Asie par la Turquie) qui unit nos destins et nos expériences.

"Cependant –l’évêque de Rome a averti–, Ce n’est ni par une culture individualiste, ni par le mépris du mariage et de la fertilité, que les individus peuvent accéder à de meilleures perspectives de vie et de bonheur.". 

Il s'agit d'une tromperie des économies de consommation ; car, a-t-elle ajouté, en faisant notamment référence à la vie familiale et à la contribution des femmes, “C’est seulement ensemble que nous devenons pleinement nous-mêmes. C’est seulement dans l’amour que nous approfondissons notre être intérieur et renforçons notre identité. Ceux qui méprisent les liens fondamentaux et refusent d’accepter leurs limites et leurs vulnérabilités deviennent plus facilement intolérants et incapables d’interagir avec un monde complexe.". 

La “ petitesse ” et le christocentrisme de la foi

Le lendemain, la réunion de prière avec le clergé, les personnes consacrées et les travailleurs pastoraux a eu lieu (cf. Discours prononcé à la cathédrale du Saint-Esprit, à Istanbul, 28-XI-2025).

Parti d'Ur en Chaldée, Abraham se rendit dans le sud de la Turquie (l'actuelle Haran) et partit pour la Terre promise. Des communautés chrétiennes vivaient sur le territoire de la Turquie actuelle à l'époque des apôtres et des Pères de l'Église. Aujourd'hui, la communauté catholique est petite, mais Dieu a choisi cette voie et la logique de la modestie.. 

“ C’est pourquoi je vous encourage à cultiver une attitude spirituelle d’espérance confiante, fondée sur la foi et l’union avec Dieu. »”Les signes de cette voie, déjà enclenchée, comprennent la pastorale des jeunes, le dialogue œcuménique et interreligieux, la transmission de la foi à la population locale et le service pastoral auprès des migrants et des réfugiés.

À l'occasion du 1700e anniversaire du premier concile de Nicée, Léon XIV lança trois défis. Premièrement, “embrasser l'essence de la foi chrétienne et être. C'est-à-dire, "“Recherchez toujours, même au sein de perceptions, de spiritualités et de cultures différentes, l'unité et l'essentialité de la foi chrétienne autour de la centralité du Christ et de la Tradition de l'Église.". 

Deuxièmement, redécouvrir en Christ le visage de Dieu le Père, sans tomber dans la tentation de l'arianisme, qui réduit le Christ à sa forme humaine. Enfin, la médiation de la foi et le développement de la doctrine. Grâce au premier concile de Nicée et au premier concile de Constantinople, la foi s'est approfondie et le symbole (Credo) que nous récitons aujourd'hui lors des célébrations dominicales a été atteint. 

Ce dernier point – a observé le Pape – nous enseigne la leçon suivante : “ Il est toujours nécessaire de faire la médiation de la foi chrétienne dans les langues et les catégories du contexte dans lequel nous vivons. »”, distinguant “Le cœur de la foi réside dans les formules et les formes historiques qui l'expriment, lesquelles sont toujours partielles et provisoires.”Comme l'a expliqué Newman, c'est le“le développement interne d'un organisme vivant, qui met en lumière et explique mieux le noyau fondamental de la foi". 

Unité des chrétiens, fraternité universelle, témoignage des catholiques

Le 28 novembre, le pape a présidé une rencontre de prière œcuménique près des fouilles archéologiques de l'ancienne basilique Saint-Néophyte à Iznik. Il a insisté sur la tentation de l'arianisme :“Réduire Jésus-Christ à une sorte de leader charismatique ou de surhomme comporte le risque d'une interprétation erronée qui conduit finalement à la tristesse et à la confusion.". "Mais -argument– Si Dieu ne s’est pas fait homme, comment les mortels peuvent-ils participer à sa vie immortelle ? C’était l’enjeu à Nicée et c’est encore l’enjeu aujourd’hui : la foi en le Dieu qui, en Jésus-Christ, est devenu semblable à nous pour nous permettre de ‘ participer à la nature divine ’.’ (cf. 2 Pierre 1:4), comme l’ont souligné saint Irénée et saint Athanase.

En effet, le lendemain, il rencontra Bartholomée Ier, patriarche œcuménique de Constantinople, et ensemble ils signèrent une déclaration commune reconnaissant dans le Credo de Nicée la foi qui nous unit, 60 ans après la déclaration similaire signée par Paul VI et Athénagoras. 

Le samedi 29 novembre, la messe du premier dimanche de l'Avent a eu lieu à Istanbul. Au cours de la célébration (cf. Homélie à la “ Volkswagen Arena ”, (29-XI-2025), le successeur de Pierre a illustré deux “ images ” de notre être l'Église, suggéré par la liturgie du jour : le “haute montagne au-dessus du sommet des montagnes” (cf. Is 2:2) et “un monde où règne la paix”(cf. Is 2, 4). Il proposait le témoignage de sainteté (par la vigilance sur soi-même, et la culture et la vie de foi par la prière, les sacrements et la charité), comme source pour promouvoir l’unité dans la communauté catholique, dans les relations œcuméniques et dans la rencontre avec les frères d’autres religions. 

Dans cette optique, le lendemain (cf. Discours à la fin de la divine liturgie, Le 30 novembre 2025, dans l’église patriarcale Saint-Georges (Istanbul) et devant les évêques du Patriarcat œcuménique, Léon XIV a proposé de renouveler les efforts pour construire la paix, lutter contre la crise écologique et utiliser les nouvelles technologies de communication de manière responsable. 

L'ancre et les cèdres, la pièce et la rose

Au Liban, le pape Prévost fut accueilli par une foule immense. Lors de sa rencontre avec les autorités (cf. Discours à Beyrouth, (30 novembre 2025), a salué la résilience de ce peuple et l'a encouragé à continuer construire la paix. Il a évoqué trois moyens :“le langage de l'espoir” —contrairement à l’attitude pessimiste et au sentiment d’impuissance, d’instabilité et de conflits—, le“culture de la réconciliation” et la contribution de tous (en particulier des jeunes et des femmes) issus des cultures locales. ».

Le lendemain, il rencontra les évêques, les prêtres, les hommes et femmes consacrés et les travailleurs pastoraux au Sanctuaire Notre-Dame du Liban, à Harissa (cf. Discours, 1er décembre 2025). Il les a encouragés à créer, sans naïveté, un climat de confiance dans le pouvoir régénérateur du pardon et de la miséricorde. 

Il a également utilisé diverses images ici. L'une d'elles, “ancre” (qui figurait dans le logo de son voyage, tiré de la catéchèse de François), qui nous assure de l’union avec le Ciel ; les racines fortes et profondes du “cèdres ”; le "“monnaie syrienne”, trouvés par un prêtre dans le sac d'aumônes avec les pièces libanaises, parce que “Le fait de donner aux autres nous enrichit tous et nous rapproche de Dieu.”"; le "“Rose dorée”"(don papal au sanctuaire), qui symbolise le parfum du Christ qui répand la vie chrétienne, au milieu des difficultés et des blessures.

Se souvenant de sa prière sur la tombe de saint Charbel (1er XII 2025), Léon XIV s'exclama : “ Quelle part de votre histoire peut vous permettre de parcourir le difficile chemin vers l'avenir ! »" (Cérémonie d'adieu, 2-XII-2025).

Le même jour, il a utilisé l'image de cèdres vigoureux –symbole d'unité, de fertilité et d'espoir – dans le rencontres avec des jeunes (cf. Discours à Bekerké, 1-XII-2025) : “Vous savez pertinemment que la force du cèdre réside dans ses racines, généralement aussi étendues que ses branches. Le nombre et la vigueur des branches correspondent au nombre et à la vigueur des racines.”C'est pourquoi il les a encouragés à rejoindre le “ Le travail humble, discret et honnête de tant de personnes qui font le bien ”, de l'arbre entier dans toute sa beauté.

Il leur confia que, pour construire la paix, “Le véritable commencement de la vie nouvelle, c'est l'espérance qui vient d'en haut : c'est le Christ !”"; que "“On n'aime pas vraiment si l'on aime avec une date de péremption, seulement tant que dure un sentiment.”", Bien "“Un amour qui a une date de péremption est un amour médiocre.”L'évêque de Rome a ajouté :“Des relations fortes et fructueuses se construisent ensemble, sur la confiance mutuelle, sur cet ‘éternité’ qui vibre dans chaque vocation à la vie familiale et à la consécration religieuse.”Et il conclut en indiquant les moyens : la force du Christ, l’exemple des saints, le recours à la prière et la dévotion à la Vierge (le rosaire).

Artisans de paix, reconnaissants et engagés

Lors de la rencontre œcuménique et interreligieuse de Beyrouth (cf. Discours sur la place des Martyrs, (1-XII-2025), Léon XIV a souligné, par les mots de Benoît XVI, que le dialogue avec les autres religions “Elle repose avant tout sur des fondements théologiques qui remettent en question la foi” (EA) ». Ecclesia au Moyen-Orient, 19). Plus précisément, conformément à la déclaration Nostra Aetate du Concile Vatican II, a insisté sur “L’essence même du dialogue interreligieux : la découverte de la présence de Dieu au-delà de toutes les frontières et l’invitation à le chercher ensemble avec respect et humilité.".

Avec les cèdres,“l'olivier” (vénéré par le christianisme, le judaïsme et l'islam) est caractéristique du Liban. Il symbolise “résilience et espoir, reflétant l'engagement ferme nécessaire pour favoriser la coexistence pacifique” Son huile est un baume pour les plaies (elle nous rappelle la compassion de Dieu) et une nourriture de lumière (que nous devons donner par la foi, la charité et l'humilité). ». 

"Dans un monde de plus en plus interconnecté –le Pape a conclu—, vous êtes appelés à être des bâtisseurs de paix : à combattre l’intolérance, à vaincre la violence et à bannir l’exclusion ; à éclairer le chemin vers la justice et l’harmonie pour tous, par le témoignage de votre foi.". 

Point culminant de ces journées intenses, lors de la messe à l'église Front de mer de Beyrouth (cf. Homélie du 2 décembre 2005), le successeur de Pierre nous a invités à cultiver des attitudes de louange et de gratitude. Contemplant une fois encore la beauté du Liban – aujourd’hui obscurcie par les tentations du désenchantement et du désespoir, de l’incertitude et de la désorientation face à tant de difficultés –, il a souligné… petites lumières qui brillent dans la nuit, telles des pousses de vie et d'espoir, qui invitent à la gratitude et à l'engagement.  

Jésus loue le Père“Car elle révèle sa grandeur précisément aux petits et aux humbles, à ceux qui ne se font pas remarquer, qui semblent insignifiants, qui n'ont pas de voix.".

"En même temps -Léon XIV a avertiCette gratitude ne doit pas demeurer un simple réconfort illusoire. Elle doit nous conduire à une transformation du cœur, à une conversion de vie, à reconnaître que c’est précisément à la lumière de la foi, dans la promesse de l’espérance et dans la joie de la charité que Dieu a conçu nos vies. C’est pourquoi nous sommes tous appelés à cultiver ces germes, à ne pas nous décourager, à ne pas succomber à la logique de la violence ni à l’idolâtrie de l’argent, à ne pas nous résigner au mal qui se propage.".

El milagro de la nieve

El «milagro de la nieve» que hoy recuerda Santa María la Mayor

Teresa Aguado Peña

PapeAssomptionViergeCastelgandolfo

Le pape chante l'amour et la pureté de l'âme dans l'Assomption de Marie

Rédaction Omnes

Eclipse

María, el eclipse y la ceguera de amor

Antonio Moreno

Merydemaria

MerydeMaria, bijoux catholiques d'une jeune entrepreneuse : « La Vierge Marie est la protagoniste absolue »

Teresa Aguado Peña

Coronación de la Virgen

El día que el Cielo se quedó sin aliento

Paloma López Campos

Pape

Aprender a avanzar y crecer juntos

Ramiro Pellitero

L'Église, signe et instrument d'unité

Ramiro Pellitero

Los cristianos en el encuentro de la fe con las culturas

Ramiro Pellitero

El diálogo de Dios: oferta de amistad

Ramiro Pellitero

Désarmer la paix et la fidélité

Ramiro Pellitero