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Juan José Silvestre : "Traditionis Custodes revient à la situation de 1970".

Le pape François a annulé les concessions faites par Jean-Paul II et Benoît XVI pour la célébration de la messe avec les livres avant la réforme du concile Vatican II. C'est, en substance, le contenu du Motu Proprio Traditionis Custodes et le Lettre explicative à tous les évêquespublié le 16 juillet 2021. Juan José Silvestre, professeur de liturgie à l'Université pontificale de la Sainte-Croix, explique aux lecteurs d'Omnes ce que signifie cette décision.

Juan José Silvestre

16 de juillet de 2021

prêtre célébrant
Photo : ©CNS photo/Gregory A. Shemitz

La décision du pape François suit le même schéma que celui qui avait été utilisé lors de la publication du Motu Proprio en 2007. Summorum Pontificum, de Benoît XVI. Tant le Motu Proprio proprement dit qu'une Lettre dans laquelle le Pape explique et motive les décisions contenues dans ce document ont été publiés. C'est ce qui a été fait maintenant, tout comme le Motu Proprio de François, intitulé Traditionis custodes, est plus concrète et prescriptive, tandis que la Lettre à tous les évêques et publié en même temps qu'elle explique un peu plus en détail, et d'un point de vue pratique et pastoral, les indications du Motu Proprio.

Si nous voulons être très simples et schématiques, nous pouvons dire que, en matière liturgique, avec cette décision du pape François, nous revenons à la situation de 1970, lorsque le Missel réformé a été approuvé. Quant aux livres liturgiques antérieurs à la réforme de 1970, leur utilisation est laissée à la décision de l'évêque de chaque diocèse, qui doit tenir compte des indications précises contenues dans le Motu Proprio de François. Ils ne sont ni interdits ni abrogés, mais les concessions faites par Jean-Paul II et Benoît XVI en 1984, 1988 et 2007 pour célébrer la liturgie avec eux sont éliminées. Cela ne peut se faire que si l'évêque le juge approprié : c'est précisément la situation qui existait en 1970. La différence est que, au cours de ces cinquante années, et surtout depuis Summorum Pontificum En 2007, le nombre de personnes qui suivaient la célébration selon les livres liturgiques précédents n'a cessé de croître, y compris parmi les jeunes, comme le rappelle le pape François lui-même, mais cette situation génère des conflits que tant Benoît XVI que le pape François actuel ont tenté de résoudre.

Les grandes lignes de la décision rendue publique le 16 juillet 2021 peuvent être résumées en trois points, auxquels il convient d'ajouter quelques commentaires.

Tout d'abordDésormais, la seule forme ordinaire de la liturgie du rite romain est le Missel de Paul VI, qui est la seule expression de la "lex orandi" du rite romain. Il n'y a plus deux formes, une ordinaire et une extraordinaire, mais une seule forme, qui est précisément le Missel de 1970. D'un point de vue liturgique, c'est l'affirmation fondamentale.

Deuxièmement, la possibilité de célébrer avec les livres liturgiques antérieurs à la réforme conciliaire ne reste plus entre les mains du prêtre lorsqu'il célèbre individuellement, ni d'un groupe demandant cette manière de célébrer, mais revient à l'évêque, qui est le liturgiste suprême du diocèse. C'est à lui de déterminer quand il est possible de le faire et quand il ne l'est pas, selon des indications plutôt restrictives, semblables à celles qui existaient en 1970 ; cette possibilité est donc envisagée de manière plus restrictive que celle établie par Jean-Paul II et Benoît XVI. Dans ce contexte, la Congrégation pour le culte divin et, pour certains aspects, la Congrégation pour les instituts de vie consacrée, sont à nouveau compétentes dans ce domaine. Summorum Pontificum la forme extraordinaire et l'utilisation des livres liturgiques d'avant la réforme dépendaient d'une commission ad hoc, qui était la Commission Ecclesia Deiet la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

Troisièmement, en particulier dans la lettre aux évêques, le pape François apprécie et considère la générosité de Jean-Paul II et de Benoît XVI dans leur objectif de favoriser l'unité au sein de l'Église, un objectif qui a guidé l'octroi et l'autorisation de la célébration avec les livres liturgiques d'avant la réforme.

Le pape François rappelle que, après quatorze ans de Summorum Pontificum et d'une enquête auprès de tous les évêques du monde, a été déçu de constater que cette unité n'a pas été réalisée. Au contraire, la séparation s'est en quelque sorte accentuée et un certain arbitraire a pu se produire. Pour cette raison, Sans prétendre en aucune façon que ce que Jean-Paul II et Benoît XVI ont fait n'était pas bon et généreux, François considère que leurs mesures n'ont pas produit le résultat escompté, et retire les concessions. que ces deux Papes avaient fait pour favoriser l'unité et sauvegarder le Concile du Vatican. II. Summorum Pontificum est également annulé. J'insiste sur le fait que il n'est pas dit que le Missel précédent était erroné ou a été interdit ; Traditionis Custodes est un Motu Proprio qui cherche à favoriser l'unité liturgique avec de nouvelles dispositions qui rappellent celles de Paul VI lors de la publication du Missel de 1970.

Il convient de noter que, bien que cela ait été affirmé dans certains médias, ce Motu Proprio du Pape François ne restreint pas l'usage du latin à la messe ni la célébration "versus absidem". ou en tournant le dos au peuple. Nous parlons ici de quelque chose de très précis, à savoir l'utilisation du Missel de 1962. On peut rappeler, par exemple, que l'édition typique du Missel de Paul VI, et de tous les livres liturgiques, est en latin ; et la messe dos au peuple n'est pas interdite par le Missel de 1970.

Par conséquent, la décision sur la possibilité d'utiliser les livres de 1962 reste entre les mains de l'évêque, qui peut autoriser ou non leur utilisation, et toutes les décisions accordées à l'époque par Jean-Paul II ou Benoît XVI devront être confirmées par les évêques de chaque lieu. En règle générale, l'évêque ne devrait pas accepter de nouveaux groupes de personnes pour lesquels elle est célébrée selon les livres liturgiques précédents ni créer de nouvelles paroisses personnelles.

La Charte souligne également un point important : il s'agit de est de bien célébrer avec les livres liturgiques émis par le Concile Vatican II et publiés à l'époque de Paul VI et de Jean Paul II. Le Pape François fait également allusion dans sa Lettre aux diverses expressions de "créativité sauvage" qui obscurcissent et ternissent le visage de la vraie liturgie, et souligne que ce que les amis de l'ancienne tradition recherchent peut être trouvé dans le rite réformé contenu dans ces livres, et surtout dans le Canon romain où ils peuvent trouver le témoignage de la tradition.

En bref, les livres liturgiques d'aujourd'hui, lorsqu'ils sont bien célébrés, encouragent ce que veut le Concile Vatican II, c'est-à-dire une participation consciente, pieuse et active.

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