Un regard catholique sur l'actualité

L'archevêque Jozef Haľko : "L'objectif principal de la visite du pape est d'approfondir notre foi en Jésus-Christ".

Omnes s'entretient avec Mgr Jozef Haľko, évêque auxiliaire de Bratislava, en Slovaquie, à l'occasion de la prochaine visite pastorale du pape dans ce pays, du 12 au 15 septembre 2021.

Nicolas Lopez

30 de août de 2021

jozef halko

"Du 12 au 15 septembre prochain, si Dieu le veut, je me rendrai en Slovaquie pour une visite pastorale", a annoncé le pape François. "Je concélébrerai d'abord la messe de clôture du Congrès eucharistique international à Budapest", a ajouté le pape. "Je remercie du fond du cœur tous ceux qui préparent ce voyage et je prie pour eux. Nous prions tous pour ce voyage et pour les personnes qui travaillent à son organisation."

À l'occasion de ce voyage, le deuxième du pape François depuis la pandémie de COVID-19, après sa visite historique en Irak, Omnes s'entretient avec Mgr Jozef Haľko, évêque auxiliaire de Bratislava, en Slovaquie.

L'annonce de la visite du Pape a-t-elle été une surprise pour les Slovaques ? Il n'y a pas si longtemps, il semblait irréaliste de penser à une telle possibilité...

Nous avons été surpris non seulement par l'annonce de cette visite, mais aussi par sa durée, puisqu'elle durera trois jours. Mais nous n'avions pas le temps d'être surpris, car nous devions nous mettre immédiatement au travail pour que la visite se déroule le mieux possible et, surtout, qu'elle produise de bons fruits spirituels.

Saint Jean-Paul II a effectué une brève visite en Slovaquie en 1990, avant l'indépendance du pays, puis deux autres visites, en 1995 et 2003. Il s'agira de la quatrième visite d'un pape.

Les trois visites du pape Jean-Paul II ont été gravées de manière indélébile dans l'histoire de la nouvelle Slovaquie post-communiste.

Il est intéressant de se rappeler que déjà sous le communisme, dans les années 1980, une grande campagne de signatures avait été menée pour inviter le pape Jean-Paul II à venir en Slovaquie. Les communistes ont réagi avec beaucoup de colère, mais les signatures sont tout de même parvenues au pape Jean-Paul II, qui s'en est ému.

Monseigneur Jozef Haľko est évêque auxiliaire de Bratislava, en Slovaquie.

Il n'y a pas si longtemps, jusqu'en 1989, la Slovaquie était sous le totalitarisme communiste. La société a beaucoup changé depuis lors. Quels sont les défis actuels pour l'Église ?

Les défis pour l'Église aujourd'hui sont de construire une société saine, basée sur une famille saine et forte, dans laquelle les enfants sont élevés selon des valeurs traditionnelles normales. En même temps, il est très important de traiter les différentes expériences dans le domaine des relations dans la famille, dans les couples, chez les enfants. C'est aussi un grand défi d'évangéliser la jeune génération, y compris à travers les réseaux sociaux.

La devise de la visite papale est : "Avec Marie et Joseph sur le chemin de Jésus". Pouvez-vous l'expliquer ?

La devise de la visite du Pape s'inspire de la dévotion mariale, très répandue en Slovaquie, et de l'Année Saint-Joseph qui a été proclamée, tandis que l'objectif fondamental de la visite de l'Évêque de Rome, Pape et Pasteur Suprême de l'Église reste l'approfondissement de la foi en Jésus-Christ comme notre Sauveur personnel, notre Rédempteur et notre Protecteur.

La dévotion mariale s'exprime, par exemple, dans la sainte patronne du pays, Notre-Dame des Sept Douleurs, vénérée à Šaštín. Quelle est la signification de la présence du Pape au pèlerinage du 15 septembre ?

La visite du Pape à Šaštín, et sa présence au sanctuaire marial national des Sept Douleurs Vigren, est porteuse d'un message profond, aux multiples aspects : nous y prierons ensemble, en union avec le successeur de saint Pierre, dans la conscience que nous n'avons qu'une seule Mère, qui est donc " Mère de l'Église ", la Mère des Sept Douleurs. Ainsi, nous y vivrons de manière très particulière une communion basée sur la piété mariale, qui est le chemin le plus sûr vers Jésus.

Un signe de vitalité est le nombre élevé de personnes qui se rendent au sacrement de la confession, ou les nombreux jeunes qui assistent à la messe en semaine. Le pape rencontrera les jeunes à Košice le 14 septembre. Quels fruits en attendez-vous ?

La jeune génération est très réceptive, mais aussi très critique. Dans le même temps, ils cherchent à donner un sens à leur vie, et jamais peut-être ils n'ont été soumis à la pression d'autant d'offres alternatives à cet égard. C'est pourquoi la voix solennelle du Grand Prêtre, le Pape François, sera également très importante pour eux. Il existe un énorme potentiel spirituel dans la jeunesse slovaque, et il est important non seulement de le saisir et de l'éveiller, mais aussi de le développer régulièrement. 

Le pape rencontrera des prêtres, des religieux et des catéchistes à Bratislava. Dans les premières années qui ont suivi la chute du communisme, le nombre de vocations était relativement élevé. Quelle est la situation de la pastorale des vocations aujourd'hui ?

La pastorale des vocations exige une attention constante aux jeunes à tous les niveaux de contact que la vie leur apporte naturellement. La pastorale vocationnelle est impensable sans pastorale familiale, sans pastorale et évangélisation également dans les réseaux sociaux, qui sont les plateformes de contact des jeunes d'aujourd'hui. Par exemple, les camps d'enfants de chœur organisés par les séminaristes et soutenus par les diocèses sont d'une grande importance. Là, les garçons voient des jeunes hommes, proches d'eux par l'âge, qui ont déjà décidé de franchir le pas, d'étudier la théologie et de se préparer spirituellement à la prêtrise.

La cathédrale Saint-Martin de Bratislava accueillera la rencontre du pape François avec les évêques, les prêtres, les religieux, les séminaristes et les catéchistes.

Une particularité de la Slovaquie est la présence d'un nombre important de grecs catholiques ; des raisons historiques ont fait de la Slovaquie un pont entre l'Est et l'Ouest, mais toujours lié à Rome. François rencontrera les Grecs catholiques à Prešov.

Lors d'une réunion à Rome, le pape François a déjà invité les Grecs catholiques slovaques à préserver et à maintenir leur identité, y compris leur rite byzantin spécifique. La rencontre en Slovaquie se poursuivra sans aucun doute dans cette voie, et ce sera une grande satisfaction pour les gréco-catholiques qui ont été persécutés et exclus pendant 18 ans à l'époque communiste : ils n'avaient pas le droit d'exister.

La rencontre avec la minorité rom du district de Luník IX conduira le pape dans l'une des principales "périphéries" de la société slovaque, et à un défi pastoral majeur.

Le pape invite les Roms à devenir un don à la société avec leur culture, à recevoir tous les aspects positifs de la société dans laquelle ils vivent. La présence du Pape au Luník de Košice sera également un grand encouragement pour ceux qui travaillent chaque jour pour s'occuper des Roms.

Bratislava, la capitale, a ses propres particularités. Quelles sont les priorités de l'archevêché ?

L'évangélisation de Bratislava, à la fois comme capitale et comme grande ville, a certainement des aspects particuliers.

Il est important que les catholiques, dans tous les domaines de la vie civile, témoignent ouvertement du Christ vivant, que son Évangile puisse être vécu dans la réalité quotidienne. La ville, bien sûr, présuppose l'évangélisation des milieux étudiants, des milieux d'affaires, du milieu politique. L'Évangile a en lui-même le pouvoir d'inspirer toutes les sphères de la vie sociale.

La visite du pape est-elle liée au Congrès eucharistique international de Budapest, d'où le Saint-Père viendra en Slovaquie ?

Il est possible de voir une certaine symétrie entre les événements du Congrès eucharistique de Budapest et la visite du Pape en Slovaquie. Parce que le Congrès eucharistique de Budapest abordera les questions des Tziganes, des Juifs, des périphéries et des jeunes en relation avec l'Eucharistie, qui font toutes l'objet de plusieurs rencontres du Pape en Slovaquie. Le fait que le Pape clôturera le Congrès eucharistique par une Sainte Messe solennelle, d'où il partira immédiatement pour la Slovaquie, crée un lien très inspirant entre les deux événements.

Vous êtes responsable de la préparation spirituelle de la visite du Saint-Père. Comment se déroule cette préparation ?

L'objectif principal de la préparation spirituelle est de vivre la présence du Pape en Slovaquie comme un événement hautement spirituel, après lequel nous aurons été renforcés dans la foi par le successeur de Saint Pierre. Avec l'aide de la préparation spirituelle, nous sommes, pour ainsi dire, en train de nous "brancher" sur les "longueurs d'onde" du Pape François, afin de pouvoir l'écouter attentivement, sans être distraits par des questions non pertinentes ou moins pertinentes, et de souhaiter être renforcés dans la foi, dans notre foi personnelle en Jésus-Christ.

Des pèlerins slovaques célèbrent l'annonce de la visite du pape dans leur pays sur la place Saint-Pierre. Photo : ©2021 Catholic News Service / Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

Les évêques ont proposé trois intentions de prière en préparation de la visite : pour le Pape, pour l'Église en Slovaquie et pour tous les peuples de la terre.

Bien sûr, la prière est un élément essentiel et indispensable de la préparation, car sans elle nous ne pouvons vraiment "rien faire", comme le dit Jésus lui-même. Ces trois prières ont leur logique : nous prions pour celui qui viendra, nous prions pour ceux à qui il viendra et, enfin, nous prions pour tous les hommes, car chaque visite du Pontife romain, c'est-à-dire du constructeur de ponts, a aussi pour but de construire des ponts dans les relations humaines et de bâtir la grande famille des fidèles du Christ.

En ce qui concerne l'avenir du catholicisme dans le pays, les évêques nous ont invités, dans une lettre pastorale, à nous poser deux questions : "Comment est la Slovaquie aujourd'hui" et "Comment voulons-nous qu'elle soit demain". Laissez-moi vous poser ces mêmes questions : .....

Ces deux questions sont inséparables, et constituent la dynamique du développement spirituel de chaque individu et de la société dans son ensemble. En effet, si nous n'appelons pas véritablement la réalité par son nom, y compris les erreurs, les échecs et les lacunes, nous ne pouvons pas avancer de manière adéquate vers l'avenir, dans le but d'améliorer et d'approfondir ce qui n'a pas fonctionné.

Lorsque Jésus dit au jeune homme riche : "Il te manque encore quelque chose", il répète la même chose à chacun d'entre nous aujourd'hui. Nous ne pouvons pas rester bloqués dans la léthargie et la passivité, mais - comme le dit le pape François - nous devons être capables de rêver. Et nous devons être capables de faire disparaître progressivement les rêves, en les rendant réels.

El milagro de la nieve

El «milagro de la nieve» que hoy recuerda Santa María la Mayor

Teresa Aguado Peña

PapeAssomptionViergeCastelgandolfo

Le pape chante l'amour et la pureté de l'âme dans l'Assomption de Marie

Rédaction Omnes

Eclipse

María, el eclipse y la ceguera de amor

Antonio Moreno

Merydemaria

MerydeMaria, bijoux catholiques d'une jeune entrepreneuse : « La Vierge Marie est la protagoniste absolue »

Teresa Aguado Peña

Coronación de la Virgen

El día que el Cielo se quedó sin aliento

Paloma López Campos

laudate deum

Le cri de la planète sur grand écran

Nicolas Lopez

Joseph Bonnemain

Joseph Bonnemain, évêque de Coire : "Mon programme est de trouver le trésor caché dans chaque personne".

Nicolas Lopez

James Mallon

James Mallon : "Nous devons apprendre à parler la langue de ceux qui ne connaissent rien de l'Évangile".

Nicolas Lopez

San Diego

San Diego, les priorités d'un diocèse frontalier

Nicolas Lopez

lazzaro

Le cardinal Lazzaro You : "Pour qu'il y ait de bons bergers, il faut utiliser tous les moyens".

Nicolas Lopez