Un regard catholique sur l'actualité

"Il est triste que nous, citoyens, devions nous défendre contre l'État".

L'évêque des îles Canaries et président du sous-comité épiscopal pour la famille et la défense de la vie de la Conférence épiscopale espagnole a tenu une réunion avec des journalistes au cours de laquelle il a abordé des sujets tels que l'euthanasie, les personnes âgées et l'année Amoris Laetitia. 

Maria José Atienza

22 de avril de 2021

briefing mazuelos
Photo : Rencontre avec les journalistes par l'évêque José Mazuelos.

Au cours de la rencontre avec les journalistes, qui s'est déroulée au siège de la CEE, Mgr José Mazuelos a abordé en détail l'une des questions clés abordées dans ce briefing et qui fait partie des travaux de l'Assemblée plénière des évêques espagnols : la récente approbation de la loi sur la protection de l'environnement. loi sur l'euthanasie en Espagne.

Une loi que le président de la Sous-commission épiscopale pour la famille et la défense de la vie Il l'a qualifiée d'"inhumaine", soulignant qu'"il est triste que, dans un État démocratique, les citoyens doivent se défendre contre l'État lui-même et chercher des moyens de se défendre".

L'un de ces moyens de défense est la rédaction d'un testament de vie par les personnes qui ne souhaitent pas être euthanasiées, ainsi que le droit à l'objection de conscience des professionnels de la santé.

En ce qui concerne le un testament de vie, Mgr Mazuelos a souligné que son objectif est que les personnes "puissent refuser librement l'euthanasie, avant qu'elles ne perdent conscience, ou donner le pouvoir à une autre personne, en qui elles ont confiance, afin qu'elles ne soient pas éliminées lorsqu'elles tombent malades". Ceci est associé à un rejet de l'acharnement thérapeutique. Il ne s'agit pas de prolonger l'agonie mais de promouvoir la sédation palliative et les soins palliatifs.  

Mgr Mazuelos a souligné que la loi sur l'euthanasie "mettra en danger tant de personnes faibles, seules, démentes...", c'est une loi qui "va se retourner contre les faibles". Nous le constatons dans les pays où il existe déjà", et elle a dénoncé le fait que les politiciens "parlent de la loi sur la dépendance mais la réalité est qu'aucun argent n'y est alloué, les familles les plus vulnérables se retrouvent seules et souvent dans l'incapacité de fournir des soins". En ce sens, elle a souligné la base néo-capitaliste débridée qui sous-tend cette loi, "les riches pourront avoir des soins palliatifs, mais qu'en est-il des pauvres de nos villages ?

Pour l'évêque des Canaries, les croyants et tous ceux qui s'opposent à cette loi "nous devons ouvrir de nouvelles voies pour humaniser la médecine. Défendre la médecine hippocratique, humaniste, une médecine de confiance".

"Nous devons nous occuper des personnes âgées".

Dans le même ordre d'idées, M. Mazuelos a évoqué les personnes âgées : "Le pape a ouvert le sujet des personnes âgées dans notre société, avec la célébration de la Journée des grands-parents, par exemple. Nous devons nous occuper des personnes âgées. Ils sont enfermés depuis un an, sans voir leurs familles, leurs petits-enfants. Des gens qui ne sont pas sortis depuis des mois. Notre société doit rendre hommage aux grands-parents, qui sont les grands malades de la pandémie", a-t-il déclaré.

Enfin, Mgr Mazuelos a évoqué la nécessité de s'éloigner de l'individualisme pour progresser en tant que société : "la pandémie a montré que le "ma vie m'appartient" est un mensonge. Si tel est le cas, nous enlevons nos masques et laissons ceux qui peuvent se sauver eux-mêmes se sauver. Nous avons une dimension sociale, nous ne pouvons pas vivre dans ce que le pape décrit comme la prison de l'individualisme matérialiste. Nous dépendons des autres et nous devons sacrifier une partie de notre liberté pour cela.

"Le mariage chrétien est la vraie révolution".

L'évêque José Mazuelos a également souligné que l'Église espagnole travaillera particulièrement cette année à la célébration du Année Amoris Laetitiaproposé par le pape François.

Faisant référence à cette exhortation apostolique, Mgr Mazuelos a souligné que "Amoris Laetitia est une merveille. Il y a ceux qui ont voulu le déformer, avec la question de la communion pour les divorcés... etc. Mais ce qu'Amoris Laetitia met sur la table, c'est que la grande révolution de notre société est le mariage chrétien, comme il l'était dans l'Empire romain. Le mariage chrétien est ce que nous devons valoriser".

Mgr José Mazuelos a fait la différence entre le mariage traditionnel et le mariage chrétien : "Il est vrai que, bien souvent, ils ont coïncidé, mais la clé du mariage chrétien est cette fusion parfaite entre eros et agape. Il y a des mariages traditionnels qui ne sont pas vraiment des mariages chrétiens".

"Les îles Canaries ne peuvent pas être un nouveau Lampedusa".

Les journalistes ont également posé des questions sur d'autres sujets tels que l'autorisation de l'avortement pour les mineures de moins de 16 ans sans le consentement des parents ou la situation des migrants dans les îles Canaries, un diocèse dont il est le pasteur. Sur la première question, Mgr Mazuelos, en tant que médecin, a qualifié de "folie" l'abaissement de l'âge de l'avortement sans consentement parental, car les mineurs dépendent de leurs parents et si quelque chose se produit pendant l'avortement, ce sont les parents qui sont responsables".

La situation des migrants dans les îles Canaries était une autre des questions auxquelles Mgr Mazuelos a répondu. Lettre pastorale que les évêques des îles ont signé, dénonçant la situation de milliers de personnes arrivant sur les côtes des îles Canaries dans des conditions infrahumaines. Il a également souligné que "c'est un problème pour le gouvernement central, qui doit l'assumer et le régler". Le gouvernement régional des îles Canaries apporte une aide considérable ; Caritas est débordée : des personnes dorment dans la rue, le nombre de repas donnés par jour a triplé. Les Canaries ne peuvent pas être un nouveau Lampedusa. Les Canaries sont l'Espagne, et quiconque arrive en Espagne est déjà libre de circuler dans tout l'État. Il n'est pas possible qu'ils arrivent sur les îles, qu'ils y restent enfermés et que le problème soit "oublié".

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