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Tomaž Mavrič, supérieur général de la Congrégation de la Mission : "Nous voulons revenir à nos racines".

La Famille Vincentienne prépare déjà son 400ème anniversaire, qui aura lieu en avril 2025. Plusieurs projets sont en cours pour célébrer cette date qui se veut un élan de " retour aux sources ".

Maria José Atienza

23 de mars de 2024

P. Tomaž Mavrič, Supérieur général de la Congrégation de la Mission

L'élan spirituel donné par saint Vincent de Paul en 1625 se poursuit encore aujourd'hui. L'impulsion spirituelle donnée par saint Vincent de Paul en 1625 se poursuit encore aujourd'hui. Famille VincentienneLa Fédération mondiale des organisations caritatives catholiques, qui compte près de 4 millions de personnes engagées dans des actions caritatives en faveur des plus pauvres, se prépare à fêter son 400e anniversaire en avril 2025.

Les initiatives pour célébrer cet événement sont variées. Parmi elles, la Maison Mère de Paris, récemment restaurée, pourra accueillir les pèlerins et les différents groupes qui souhaitent prier devant les reliques de son fondateur, saint Vincent, mais aussi visiter le site des apparitions de Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, rue du Bac, et les sanctuaires de la capitale française.

Quelle est la santé de la congrégation, quelles sont les perspectives, quel est le charisme d'hier et d'aujourd'hui ? Qui mieux que le supérieur général de la Congrégation de la Mission, le père Tomaž Mavrič, qui s'est entretenu avec Omnes sur ces aspects, peut le comprendre.

Une vie à la périphérie

Né à Buenos Aires, sa famille est venue de Slovénie pour fuir le régime de Tito. Mavrič a travaillé dans différents pays ces dernières années : Canada, Slovénie, Ukraine... De 1997 à 2001, il a été missionnaire dans un territoire presque sibérien, dans une ville fermée, fortement marquée par l'ex-URSS, en Sibérie occidentale, Niznij Tagil.

De cette ville, le père Tomaž se souvient d'une missionnaire laïque, "Mme Lidia, aujourd'hui âgée de 90 ans, qui était, pour ainsi dire, "le prêtre de la paroisse" pendant la persécution. Elle a été emprisonnée dans un goulag pour sa foi catholique et, une fois libérée, elle a commencé à rassembler un groupe de catholiques.

Il rappelle également que Mme Lidia "a voyagé pendant deux jours en train pour apporter l'Eucharistie à de nombreuses personnes". Ce groupe de laïcs "a été la base qui a permis notre arrivée", dit-il.

Cependant, la présence des missionnaires vincentiens en Russie a pris fin il y a deux ans lorsqu'ils ont été expulsés par le gouvernement de Poutine (à l'exception des religieuses des Filles de la Charité).

Retour aux sources

Aujourd'hui, à la veille du quatrième centenaire de la congrégation, les Vincentiens ont un désir : " être une Église qui sort ", dit le père Tomaž Mavrič. C'est pourquoi, " chaque année - comme nous l'avons promis au Pape François - nous invitons les membres de la congrégation à partir en mission, et une trentaine d'entre eux le font ". Il rappelle également que le pape François, lors d'une visite, leur a dit "mon cœur est vincentien".

Un autre souhait, comme le souligne Mavrič, est que " la Maison Mère, qui appartient juridiquement à la Province de France, soit dotée d'un nouveau statut : celui de Maison Mère de toute la congrégation. Il y a le corps de saint Vincent et de deux martyrs du 19e siècle en Chine. Et la Maison Mère des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, rue du Bac, où la Vierge Marie est apparue à Catherine Labouré, est à deux pas.

L'objectif du projet est de devenir "un centre d'évangélisation et de préparation où toute personne intéressée peut se rendre, car il s'agit d'une source de grâce. En ce sens, lorsque nous aurons terminé les travaux de restauration, nous disposerons d'environ 80 chambres pour accueillir une centaine de personnes".

Le supérieur général de la congrégation, qui compte plus de 2 900 membres dans le monde, considère qu'actuellement "l'Europe est une terre de réévangélisation, un lieu de nombreuses migrations où nous avons un groupe missionnaire avec des personnes qui accompagnent et aident les immigrants arrivant de différents pays à s'intégrer". C'est pourquoi "nous souhaitons que ces centres soient plus nombreux dans d'autres villes d'Europe".

Mavrič souligne que "nous sommes présents dans de nombreuses paroisses mais nous voulons retrouver nos racines. Aujourd'hui, les paroisses aux structures solides, qui se trouvent dans les villes, ne sont plus une priorité. En revanche, les églises situées dans des endroits plus éloignés le sont, car nous voulons être en mouvement". Et il ajoute : "N'oublions pas que ce n'est pas pour rien que les gens ont commencé à nous appeler missionnaires, même notre fondateur ne nous avait pas définis comme tels".

La famille vincentienne

En 1617, saint Vincent fonde les "Dames de la Charité", toutes laïques, aujourd'hui Association Internationale de la Charité ; en 1625, il fonde la Congrégation de la Mission ; et en 1633, avec Louise de Marillac, les Filles de la Charité, pour la première fois religieuses non cloîtrées et très présentes dans la société, comme l'autorise le Saint-Siège.

L'un des groupes les plus nombreux est la Société de Saint-Vincent-de-Paul, fondée en 1833 par l'Italien Frédéric Ozanam, ainsi que d'autres congrégations ayant l'esprit et le charisme des Vincentiens, qui ont pris Saint-Vincent comme père spirituel, ainsi que les règles communes de la congrégation.

La Famille Vincentienne est actuellement composée de 170 congrégations et groupes laïcs, passant de " famille " à " mouvement ". Il y a des personnes qui n'appartiennent pas à des groupes ou à des congrégations de vie consacrée, mais qui vivent l'esprit de Saint Vincent, sa spiritualité et son charisme ; ils sont volontaires, ils sont dans les paroisses, les écoles, les hôpitaux et tant d'autres lieux. 

Tomaž Mavrič souligne que "si nous parlons des 170 congrégations, nous pourrions calculer environ deux millions de personnes impliquées, mais si nous parlons du mouvement, nous pourrions en calculer deux fois plus".

La date de fondation, le 25 janvier, jour de la conversion de saint Paul, a été choisie par saint Vincent comme un nouveau départ, après sa conversion à l'âge de 36 ans, qui l'a conduit du désir d'être un prêtre "aisé" à "être un mystique de la charité", qui ne voyait plus les côtés sales de la pauvreté mais "Jésus de l'autre côté de la médaille". Le charisme est "l'évangélisation et l'aide matérielle aux pauvres, la formation du clergé diocésain et des laïcs".

En 1617, il commença donc son nouvel apostolat et, en 1625, il reçut l'approbation du Saint-Siège. En plus des "missions populaires", saint Vincent a estimé qu'il était nécessaire d'avoir des groupes de volontaires travaillant de manière organisée pour aider les nécessiteux avec un travail silencieux mais profond, qui s'étend jusqu'à aujourd'hui dans près d'une centaine de pays.

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